Le point de départ

🕐 Lecture : 3 min

Tout a commencé devant un distributeur.

J'étais en CE2, peut-être en CM1. À cette époque, on ne connaissait pas les boosters. Les cartes Dragon Ball Z sortaient d'une machine : une pièce, une carte, et c'était déjà tout un événement. Des Carddass Power Level, importées du Japon. Les boosters, eux, ne sont arrivés que plus tard, quand la version française est sortie, vers 1996.

On adorait déjà le manga. Alors tenir ces images entre les doigts, c'était incroyable. On ne se posait aucune question sur ce que ça valait. La cote, le prix, la rareté, ça n'existait pas pour nous. Le but était simple : en avoir le plus possible, et surtout, en avoir des différentes.

Ce qui faisait tout, c'était les illustrations. Chaque carte renvoyait à une scène précise, un personnage, un moment du manga qu'on avait en tête. On ne collectionnait pas des bouts de carton, on collectionnait des souvenirs d'histoires qu'on aimait.

Je n'avais pas vraiment de carte de rêve, l'envie c'était surtout d'en avoir toujours plus. Mais s'il y en avait que tout le monde guettait, c'étaient les prismes : les brillantes. Et les plus convoitées de toutes, c'étaient les double prismes et les hidden prismes. Le principe était malin : deux cartes en une. Tu pouvais décoller la couche du dessus pour révéler une seconde carte cachée en dessous, brillante elle aussi. Sur une double prisme, les deux étaient brillantes. C'était la pièce rare de la cour, celle qu'on n'osait presque pas échanger. Des années plus tard, la Pokémon Company a repris exactement cette idée avec la série Pokémon GO et sa Métamorph cachée sous une autre carte, qu'on décolle pour révéler le Pokémon dissimulé dessous. La même surprise, une génération plus tard.

Dans la cour de récré, ça s'échangeait avec les copains. Et à la maison, je collectionnais avec mon frère. Personne ne nous avait transmis ça, c'est arrivé comme ça, entre gamins. Mais cette passion, mon frère et moi, on l'a partagée des années. Et on la partage encore aujourd'hui.

Plus tard, au collège, en 4ème, Dragon Ball Z a laissé la place à Magic the Gathering. Là, on jouait pour de bon, et j'ai même fait quelques tournois avec des copains de classe. Pokémon n'est venu que bien plus tard, quand mes neveux sont arrivés. Les jeux ont changé, l'envie est restée la même.

Aujourd'hui, la nostalgie est là, forcément. Mais ce qui m'a toujours tenu, au fond, c'est le côté collection, porté par l'aspect artistique des cartes. Avec le temps s'y est ajouté l'œil de celui qui connaît la valeur des choses. Un mélange des deux : le gamin qui trouvait les illustrations magnifiques, et l'adulte qui sait aujourd'hui ce qu'il regarde.

Si tu as connu un distributeur, une cour de récré pleine d'échanges, un frère ou un copain avec qui tu ouvrais tes cartes, alors tu sais exactement de quoi je parle. Dojo TCG est né de là. De ça précisément.

Cet article t'a été utile ?
0% 0%
Sondage

Ta toute première carte, c'était quel univers ?